Questions et réponses sur les retrouvailles en adoption

L’information, c’est le pouvoir.

Lors de mon passage au Centre Jeunesse en tant qu’intervenante en retrouvailles, j’ai constaté à quel point de nombreuses personnes adoptées et mères d’origine ne savaient pas comment procéder pour faire des retrouvailles. Non seulement elles ne savaient pas où s’informer mais plusieurs croyaient que c’était impossible à réaliser. Le service d’antécédents et retrouvailles existe mais il est peu annoncé.

Comme me disait une personne adoptée, «c’est tellement compliqué et long. Simplement savoir où s’informer est difficile. Cela donne l’impression que l’on nous met des bâtons dans les roues pour que nous ne dérangions pas un ordre établi, comme si c’était mal de vouloir savoir.»

Ce n’est pas mal de savoir, ce peut même être guérisseur.

Les informations qui suivent tiennent compte des informations découlant du guide des procédures qui a été mis à jour en 2010 et de mon expérience de travail dans le milieu.
Des modifications dans ce guide pourraient être survenues depuis cette date. Veuillez tenir compte de cette possibilité.

Est-ce normal de vouloir savoir?

Oui, vous êtes normal(e) si vous désirez en savoir davantage sur vos origines ou votre enfant. Vous n’êtes pas ingrat(e) envers vos parents si vous êtes curieux(se) et désirez connaître cette femme qui vous a porté(e). Vous ne serez pas une mauvaise personne et vous avez le droit de savoir ce qui est advenu de votre enfant.

C’est normal de vouloir boucler la boucle une fois pour toutes. La presque totalité des gens qui entame des retrouvailles sont très sains d’esprit. Ils ont simplement un désir de connaître et d’avancer dans la vie sans toujours se questionner sur des éléments du passé.

Les retrouvailles au Québec

Qui peut faire une demande de retrouvailles?

Les informations non-identificatoires

Durée du processus de retrouvailles

Alternatives

Soutien offert

Refus et décès

Retrouvailles

Particularité en Outaouais


Les retrouvailles au Québec

Peut-on faire des retrouvailles au Québec?

Oui cela est possible. C’est l’article 583 du code civil du Québec qui ouvre cette porte.

583. L’adopté majeur ou l’adopté mineur de 14 ans et plus a le droit d’obtenir les renseignements lui permettant de retrouver ses parents, si ces derniers y ont préalablement consenti. Il en va de même des parents d’un enfant adopté, si ce dernier, devenu majeur, y a préalablement consenti.

L’adopté mineur de moins de 14 ans a également le droit d’obtenir les renseignements lui permettant de retrouver ses parents, si ces derniers, ainsi que ses parents adoptifs, y ont préalablement consenti.

Ces consentements ne doivent faire l’objet d’aucune sollicitation; un adopté mineur ne peut cependant être informé de la demande de renseignements de son parent.

Qui est responsable des retrouvailles au Québec?

Le gouvernement a mandaté les Centres jeunesse pour offrir les services au niveau des antécédents sociobiologiques et des retrouvailles. Ils sont les intermédiaires permettant de maintenir la confidentialité des informations tout en offrant la possibilité de contacter le parti recherché afin de connaître son désir ou non de vivre des retrouvailles.

Quel est le rôle des Centres jeunesse en matière d’antécédents et retrouvailles?

Les Centres jeunesse sont les gardiens des dossiers d’adoption. Ils offrent le service d’informations non-identificatoires offert sous forme de sommaire, ils font la recherche, préparent les parties aux retrouvailles, font le contact auprès de la personne recherchée et offre une espace pour vivre les retrouvailles. Un suivi post-retrouvailles sous forme d’appel téléphonique est offert quelque temps après les retrouvailles. Tout au long du processus, ils offrent le soutien psychosocial et préparatoire aux retrouvailles.

Il y a 16 Centres jeunesse répartis à travers la province. Ils sont regroupés dans l’Association des Centres jeunesse du Québec. Cette association a mis sur pied un guide qui détermine les procédures à suivre pour une démarche de retrouvailles afin de respecter la loi et offrir un service comparable d’un centre à un autre.

Où trouver le numéro de téléphone des Centres jeunesse?

Visitez le site internet de l’Association des Centres jeunesse du Québec au www.acjq.qc.ca. Vous trouverez les coordonnées de chaque Centre jeunesse. Demandez pour parler à la personne qui s’occupe du volet antécédents et retrouvailles.

Y-a-t-il des frais rattachés à ce service?

Non, c’est un service offert gratuitement à la population. Il fût un temps où une contribution financière était demandée, mais depuis 2007, le service est gratuit.

Je me suis fait dire qu’il n’y avait pas de recherche de faite dans mon Centre jeunesse, Est-ce vrai?

C’est possible. Même si la majorité des Centres jeunesse offrent ce service car cela fait partie de leur mandat, il arrive que certains Centres jeunesse soient moins bien outillés pour ce genre de dossier. Dans un tel cas, la demande est acheminée à un autre Centre jeunesse.

Comment savoir à quel Centre jeunesse s’adresser?

Si vous avez été adopté, vous devez contacter le Centre jeunesse de la région où le jugement d’adoption a été prononcé. C’est souvent la région où les parents vivaient au moment de votre arrivée.

Pour les personnes confiées à l’adoption mais non adoptées, vous devez contacter le Centre jeunesse de votre lieu de naissance ou de placement.

Si vous êtes un parent d’origine, le premier Centre jeunesse à contacter est celui de l’endroit où est né le bébé. Il arrivait également que les bébés retournaient dans la région d’où venait la mère d’origine, notamment s’il y avait une crèche dans cette région. Il est donc possible que le dossier d’adoption soit plutôt au Centre jeunesse de la région où habitait la mère d’origine.

Que faire si le Centre jeunesse contacté n’a pas le dossier d’adoption?

La personne responsable tentera de vous orienter vers le bon Centre jeunesse.

Comment débute-on le processus?

En premier, contactez le Centre jeunesse concerné. Ce dernier prendra vos coordonnés en note et vous fera parvenir dans les jours qui suivent un formulaire d’inscription que vous aurez à compléter et à retourner avec une photocopie d’une pièce d’identité avec photo et signature. Une fois ce formulaire reçu par le Centre jeunesse, vous serez officiellement sur leur liste d’attente.

Par la suite, le Centre jeunesse fera une recherche pour recueillir le plus d’informations possibles. Ces informations serviront à la recherche mais aussi à la rédaction d’un sommaire d’informations non-identificatoires qui vous sera transmis. C’est alors que la recherche débute.

En dehors des Centres jeunesse, y a-t-il un autre moyen de faire des recherches?

Oui mais c’est très difficile de le faire sans le nom de la personne recherchée. Au Québec, vous pouvez vous inscrire au Mouvement Retrouvailles afin de recevoir de l’aide dans vos démarches et d’avoir la possibilité d’établir une concordance avec l’un des membres déjà inscrits. Il y a également un site internet où vous pouvez vous inscrire et visiter afin de voir s’il y a quelqu’un qui vous recherche. Vous y trouverez plusieurs renseignements utiles.
Il y a plusieurs sites internet qui offrent une base de données en espérant une concordance avec la personne recherchée. Au Canada, le site du «Canadian Adoption Registry» est un des plus gros avec plus de 100,000 noms!

Certaines personnes tentent leur chance en faisant paraître une annonce dans les journaux locaux ou les médias sociaux.

Il y a un projet de loi pour modifier l’adoption au Québec, cela m’aidera-t-il à vivre des retrouvailles?

Non, nous attendons toujours l’adoption de ces modifications.


Qui peut faire une demande de retrouvailles?

Je suis un père biologique. Puis-je faire une demande de retrouvailles?

Chaque parent a le droit de connaître son enfant. Vous devrez fournir des preuves de votre paternité. Il se peut que votre nom figure au dossier. Pouvoir parler du contexte de la grossesse et de la situation de l’époque peut également permettre de démontrer que vous êtes bel et bien le père. Chaque cas est particulier. Une déclaration assermentée de la mère pourrait également démontrer la preuve de paternité. La mère n’a pas à donner son autorisation pour qu’un père vive des retrouvailles.

Je suis une sœur/frère biologique. Puis-je faire une demande de retrouvailles pour retracer mon frère/soeur que ma mère a confié en adoption?

Selon la loi, seule une mère /père et la personne confiée en adoption peuvent faire une demande de retrouvailles. La jurisprudence accorde au mot parent un sens limité. Ce sont ceux qui ont mis un enfant au monde. Un frère ou une sœur biologique ne peut donc pas faire de recherche.

Par contre, les Centres jeunesse accepteront de mettre une note au dossier pour indiquer votre désir de retrouvailles auprès de la personne adoptée si LES DEUX parents d’origine indiqués au dossier sont décédés. Si la personne adoptée vient qu’à faire une demande, vous serez mis en contact l’un avec l’autre.

Puis-je retrouver mon père d’origine ( biologique)?

Oui, mais la grande majorité du temps, ils sont introuvables. Les dossiers contiennent très peu d’information sur le père. Parfois simplement un prénom. Quand on est chanceux, on y retrouve un nom et un âge approximatif. Ce peu d’information rend la recherche quasi-impossible.

Dans les cas où l’on peut localiser le père, il reste à prouver, qu’il est effectivement le père. C’est la parole de la mère contre la sienne. Son nom n’apparaît pas souvent sur un document officiel. Seul un test d’ADN peut démontrer de façon légitime qu’il s’agit du père d’origine.

La grande demande de retrouvailles fait en sorte que la priorité est mise pour la recherche des mères d’origine.

J’ai été adopté en privé. Dois-je procéder de la même façon?

Le Centre jeunesse n’aura pas de dossier d’adoption. Il devra recueillir les informations sur votre jugement d’adoption et votre naissance et un dossier sera ouvert. Le processus sera plus long. La collaboration avec d’autres milieux est nécessaire. Les délais ainsi vécus sont hors de contrôle des Centres jeunesse. Ces derniers obtiennent généralement suffisamment d’informations pour faire une recherche. Parfois cela se complique, notamment si vous êtes né hors Québec ou dans une clinique privée tenue par un médecin.

Quand il s’agit d’adoption privée, les parents sont parfois détenteurs d’informations supplémentaires. Il est toujours bon de les consulter pour savoir ce qu’ils ont comme information(s).

J’ai été confié pour adoption mais je n’ai pas été adopté, puis-je espérer vivre des retrouvailles?

Oui, faites votre demande au Centre jeunesse de l’endroit où vous êtes né. Comme pour une adoption privée, le Centre jeunesse tentera d’obtenir de l’information à votre sujet. La tâche risque d’être plus compliquée si les informations sont limitées.


Les informations non-identificatoires

Qu’est ce que les informations non-identificatoires ou antécédents socio-biologiques?

Ce sont des informations qui ne permettent pas d’identifier l’autre personne. L’anonymat de la personne recherchée est maintenu.
Vous obtiendrez de l’information datant de la période de l’adoption. La qualité et le volume de ces informations varient d’un dossier à l’autre.

Quel genre d’information puis-je espérer obtenir?

Selon le volume d’informations disponibles, une personne pourrait ainsi connaître le prénom donné avant l’adoption, son lieu et heure de naissance, circonstances entourant la grossesse et l’accouchement, état de santé à la naissance, développement durant les mois passés à la crèche, problème(s) de santé, baptême, date du jugement d’adoption, de placement dans la famille adoptive ainsi que le motif ayant mené à la mise en adoption.

Du côté de la mère d’origine, on pourrait, par exemple, penser à son âge à la naissance, à une description physique, à ses intérêts, son niveau de scolarité, sa profession au moment de la grossesse (groupe professionnel), à ses antécédents médicaux, son histoire relationnelle avec le père, à sa nationalité, son ethnie et sa religion. Un résumé de son milieu familial est parfois disponible.
En ce qui a trait aux informations concernant les parents adoptifs, on retrouve très souvent leur âge au moment de l’adoption, leur profession, leur niveau de scolarité, leur ethnie, leur langue, leur religion, leur nationalité, le nombre d’enfants dans le foyer au moment de l’adoption ainsi que le milieu résidentiel au moment de l’adoption (région).

Tout cela ce fait en respectant l’anonymat de la personne et en ne dévoilant pas d’information identificatoires.


Durée du processus de retrouvailles

Combien de temps peut prendre une recherche?

Cela est très variable. Le nombre d’employés assignés à ce poste et le niveau de difficulté de la recherche sont des variables à considérer.

TOUTES les étapes pour arriver aux retrouvailles DEVRAIENT se faire en 1AN. Cela est possible si les ressources en place sont suffisantes. Si elles ne le sont pas, il y a du travail à faire auprès de la direction de ce Centre Jeunesse.

Un jugement en cour a établi que le manque de fond ne peut expliquer pourquoi un Centre Jeunesse refuserait de procéder avec votre demande.

Un délai plus long peut être explicable dans certaines circonstances comme dans le cas d’un dossier incomplet, contenant trop peu d’information pour identifier la personne, des fausses informations, une adoption privée ou une personne ne vivant plus au Québec.

De plus, arriver à contacter la personne recherchée peut être long et difficile. Il faut également tenir compte que certaines personnes ont besoin de temps avant de passer aux retrouvailles, ce qui prolonge le processus.

Est-ce facile de localiser la personne recherchée?

Même si les Centre jeunesse ont accès à quelques bases de données gouvernementales pour accomplir leur travail de recherche, il demeure que ce sont des outils plus limités que dans certaines provinces ou états américains. Il faut très souvent faire preuve de perspicacité, de patience et d’originalité pour retracer des personnes. La majorité des recherches sont faciles mais d’autres sont plus ardues voire impossibles à résoudre, toujours en se basant sur les informations contenues au dossier.

Comment une personne peut-elle être impossible à retrouver?

Cela arrive quand le dossier est incomplet et que l’indentification de la personne recherchée est impossible. La tenue de dossier de l’époque variait d’une personne à l’autre. Certains dossiers sont non seulement incomplets mais contiennent des informations erronées. La peur de certaines mères d’origine d’être pointées du doigt ou de voir leur famille informée de leur situation les poussaient à donner des informations erronées.

Dans le cadre de ma pratique, 8% des dossiers traités étaient introuvables.

J’attends depuis bien plus longtemps, que dois-je faire?

En premier lieu, il serait bon de contacter l’intervenant et de vérifier avec lui où vous vous situez sur la liste d’attente. Peut- être a t-il tenté de vous contacter sans succès? Avez-vous tenu vos coordonnées à jour? Vous pourriez demander de recevoir un résumé des étapes faites à ce jour avec un échéancier pour constater le travail accompli. Si cela ne vous satisfait pas, après avoir discuté avec l’intervenant, vous pourriez vous adresser à son supérieur. Il y a moyen d’aller d’un échelon à l’autre jusqu’à la direction générale. Respectez les échelons, maintenez votre point sur le délai raisonnable.

Il y a également le comité des usagers qui pourrait être de secours. Vous pourriez vous y présenter et expliquer votre situation. Comme pour tout service, on a droit à des réponses et à un résultat. Les personnes adoptées et les mères d’origine sont souvent des gens très effacés et peu portés à s’affirmer et clamer leur droit faire respecter leur besoin. Agissez avec respect et faites-vous entendre si nécessaire.

Je crains de me plaindre. On pourrait reléguer mon dossier aux oubliettes pour se venger.

Il est peut être très épeurant de se plaindre à la seule personne qui peut quelque chose pour vous. Elle a le grand pouvoir sur votre plus grand rêve. Pourrait-elle le détruire sans que vous n’ayez fait quoi que ce soit? Ayez confiance. Ces personnes sont généralement très concernées par votre besoin et sont prises comme vous dans la roue du système. Dites-vous que tout ce qui est fait face à votre demande est noté au dossier, que ce soit vos échanges téléphoniques, vos rencontres ou vos envois. C’est un service gouvernemental. Il y a des procédures à suivre et à respecter. Vous êtes dans vos droits d’exiger des réponses et un service de qualité.


 

Alternatives

J’aimerais juste avoir de l’information au sujet de mon enfant/ ma mère d’origine. Est-ce possible?

Oui. En contactant le Centre jeunesse qui a le dossier d’adoption, vous pourrez recevoir un sommaire d’informations non identificatoires ou antécédents socio-biologiques. Vous pouvez cesser votre démarche à cette étape.

J’aimerais juste être contacté( e) si mon enfant/ ma mère fait une demande de retrouvailles. Est-ce possible?

Oui. Vous pouvez faire en sorte qu’une note soit insérée au dossier stipulant que vous désirez être contacté( e) advenant que l’autre partie veuille vous connaître. Prenez soin d’aviser le Centre jeunesse de tout déménagement si c’est ce que vous choisissez de faire afin de conserver vos coordonnées à jour.

J’aimerais bien procéder mais j’ai peur. Cette personne est reliée à moi mais est également un(e )étranger (ère). Comment fait-on pour se connaître tout en se protégeant?

Vous n’êtes pas laissé(e) à vous-même. Le Centre jeunesse vous offrira du soutien tout au long de votre démarche. On respectera votre rythme et verra à répondre à vos inquiétudes. Vous pouvez également aller chercher de l’aide auprès d’un organisme spécialisé dans le domaine des retrouvailles.


Soutien offert

Quel est le soutien offert par l’intervenant du Centre Jeunesse?

Dès le départ, vous serez rencontré(e) pour préparer avec l’intervenant le contenu du premier contact à établir avec la personne recherchée. Cette rencontre psychosociale vous permettra de mieux connaître l’intervenant en qui vous mettrez toute votre confiance. Vous échangerez sur vos attentes, vos peurs et permettrez à cette personne de mieux vous connaître pour parler de vous à la personne recherchée.

L’intervenant profitera de ce moment pour vos informer sur les retrouvailles, les enjeux qui s’y attachent et les moyens mis à votre disposition. Il vous placera face à différentes situations éventuelles. Il saura vous sécuriser et progresser à votre rythme.
Tout au long du processus, vous communiquerez l’un l’autre pour être au courant de la situation.

L’intervenant n’est pas seulement le chercheur, mais aussi une oreille attentive qui, espérons-le, saura vous sécuriser et vous intégrer tout au long du processus.

Que faire si je ne me sens pas en confiance avec l’intervenant?

Discuter avec ce dernier de vos inquiétudes. S’il est professionnel, il saura vous écouter et offrir ce dont vous avez besoin pour vous sentir confortable avec elle/lui. Si après avoir discuté avec l’intervenant vous n’êtes toujours pas satisfait(e), pourquoi ne pas parler à son supérieur? Il y aura peut-être une autre personne disponible pour vous soutenir dans la démarche.

La partie recherchée aura-t-elle aussi du soutien?

Bien entendu! Dès le premier contact, de l’information sera fournie ainsi qu’une assurance que son rythme sera respecté. Une rencontre préparatoire sera faite avec cette personne pour la préparer aux enjeux des retrouvailles et lui présenter différentes options pour arriver aux retrouvailles.

Y-a-t-il d’autres soutiens?

Oui. Si vous vivez des situations difficiles relativement à un refus, un dossier introuvable ou un décès, l’intervenant est là pour vous.
Un suivi post-retrouvailles est également fait car le début de cette possible nouvelle relation ne se fait pas toujours facilement. Il y a beaucoup de peurs.

Pourquoi ne pas joindre un groupe qui œuvre au sein du domaine des retrouvailles? Ça pourrait aider.

Si un soutien plus important est nécessaire, n’hésitez pas à consulter un professionnel compétent au niveau des retrouvailles pour rétablir un équilibre dans votre vie.


Refus et décès

Y-a-t-il plusieurs refus?

Dans le cadre de ma pratique, j’ai vécu plus d’acceptation que de refus. En enlevant les décès et les dossiers introuvables, plus de 74% des gens contactés disent OUI aux retrouvailles. 21% des mères contactées ont refusés alors que seulement 5% des personnes adoptées ont refusées. Parmi ce 5%, ce sont très majoritairement les hommes adoptés qui refusent les retrouvailles.

Si la personne recherchée refuse un contact est-ce que l’on peut la rappeler plus tard au cas où elle changerait d’idée?

Non, un jugement de la cour a stipulé que l’on peut informer l’autre partie de son désir de retrouvailles mais on ne peut la solliciter. Afin d’éviter toute mauvaise interprétation et de percevoir ce contact comme de la sollicitation, les Centres jeunesse ont choisi de ne faire qu’un seul contact pour informer la personne.
Quand une personne refuse, les coordonnées du Centre jeunesse lui sont remises et il lui est dit qu’elle peut changer d’idée à tout moment et revenir sur sa décision. La balle est donc dans son camp.

Y a-t-il plusieurs décès?

C’est une réalité grandissante. Les mères d’origine vieillissent. Dans le cadre de mon travail, 22% des mères retracées étaient décédées. Sur ces 22%, à partir des statistiques obtenues, on peut supposer que près de 80% d’entres elles auraient dit oui…

Qu’arrive-t-il si ma mère d’origine est décédée?

Si elle est décédée au Québec, vous aurez droit à l’âge de son décès et si disponible la cause du décès. Son nom demeurera confidentiel.

Qu’arrive-t-il si mon enfant est décédé?

Le Centre jeunesse tentera d’entrer en contact avec les parents adoptifs pour savoir s’ils seraient intéressés à parler de leur enfant/votre enfant avec vous.

Si ma mère d’origine est décédée, puis-je entrer en contact avec d’autres membres de la famille d’origine?

Non. Le Centre jeunesse ne peut approcher une personne car il ne sait pas qui est au courant de la mise en adoption. Si la mère d’origine a choisi de ne rien dire, rien ne sera fait pour aller à l’encontre de son choix. La loi nous restreint à contacter la mère ou le père.

Pour avoir la chance de connaître la famille d’origine, connaître ses origines et faire un deuil, un membre de cette famille doit en faire la demande.

Un enfant ou un frère/soeur de la mère d’origine qui est décédée peuvent-ils retracer un enfant confié en adoption?

Il est possible de présenter votre demande avec une attestation du décès et du lien de famille qui vous lie à votre mère. On vous demandera probablement la date de naissance de la personne confiée en adoption.

Si la personne adoptée a déjà fait une demande, vous serez mis(e) en contact avec elle. Si cette personne n’a pas fait de demande, une note sera déposée au dossier. Advenant que la personne adoptée fasse une demande de retrouvailles, elle sera alors informée de votre demande et le Centre jeunesse communiquera avec vous.


Retrouvailles

Comment se déroulent les retrouvailles au Centre jeunesse?

Il peut y avoir des variantes d’un Centre à l’autre mais voici ce qui se dégage en règle générale.

Un local vous est offert, parfois sous forme de petit salon. L’un(e) de vous arrive un peu plus tôt pour éviter une rencontre dans la salle d’attente. La personne qui a pris le temps de vous préparer tous deux, vous accompagnera. Elle servira de modérateur si nécessaire. Elle restera auprès de vous le temps nécessaire pour que vous vous sentiez en sécurité et confortable. Elle peut ne pas être présente ou vous accompagner pour toute la durée des retrouvailles. C’est à vous de décider selon votre besoin.

J’aimerais être accompagné(e ) d’une personne qui me connaît bien lors des retrouvailles. Est-ce possible?

Tout est possible. Si cela peut vous rassurer, soyez accompagné(e). Ce sont vos retrouvailles. Vivez-les comme vous le souhaitez!

Règle générale, après une bonne préparation vous serez prêt(e ) à vivre ce moment un à un. Pourquoi ne pas le vivre dans l’intimité? Pourquoi ne pas reprendre contact mère-enfant comme au tout début de la vie? La majorité des gens préfère vivre la première rencontre seul( e) à seul(e ). D’autres optent d’intégrer certains de leurs proches dans la deuxième heure des retrouvailles. Si vous décidez d’intégrer des gens dans vos retrouvailles, assurez-vous que cela ne gênera pas l’autre partie. Il ne faut pas oublier que ce sont les retrouvailles de deux personnes. Chacun a son mot à dire.

Je ne suis pas prêt(e ) à rencontrer l’autre partie sans en savoir plus sur lui/elle, est-ce possible?

Plusieurs options s’offrent à vous pour respecter votre rythme au niveau du dévoilement d’informations identificatoires et de connaissance de l’autre. Informez-vous au sujet des options offertes dans votre Centre jeunesse.

Le Centre jeunesse peut servir d’intermédiaire pour un certain temps entre vous et l’autre partie. Vous pourrez ainsi apprendre à connaitre l’autre en toute sécurité et décider du moment où vous serez assez à l’aise pour vous identifier et procéder directement avec lui/elle.

Vous pouvez débuter les échanges par l’envoi de courrier électronique. Une adresse non-identificatoire peut être créée à cette fin.

Vous pouvez échanger vos numéros de téléphone. Un cellulaire est préférable si vous ne voulez pas être localisé(e).

Vous pouvez débuter les échanges par des lettres. Le Centre jeunesse peut servir d’intermédiaire en recevant votre courrier et en le redirigeant à l’autre personne. Vous pouvez cacheter votre lettre pour que vos propos demeurent personnels. Certains apprécient que la personne du Centre lise leur lettre pour s’assurer que la lettre est appropriée. Libre à vous de choisir. Si vous êtes confortable, vous pouvez échanger directement.

Vous pouvez procéder dès le début avec une rencontre. Le Centre jeunesse vous offre alors un local pour vivre ce grand moment.

Vous pouvez également vivre vos retrouvailles ailleurs mais tenez compte d’un lieu neutre, sans dérangement où tous se sentiront en sécurité.

Je ne veux pas vivre de retrouvailles dans un bureau du Centre jeunesse, puis-je faire ailleurs?

Bien sur! Ce sont vos retrouvailles. Un moment spécial à chérir toute votre vie! Si vous décidez de le faire ailleurs, quelques petites recommandations : Choisissez préférablement un lieu neutre pour que tous deux soyez confortables. Pensez à un petit coin calme où vous ne serez pas dérangé(s). Les émotions sont très présentes aux retrouvailles. Peut-être vous sentez-vous à l’aise de vivre cela dans un café mais ce n’est peut-être pas ce que l’autre partie ressent. Il est préférable de vivre ce moment sans interruption ou sans curieux autour de vous. Entendez-vous sur le temps accordé pour la première rencontre, d’environ deux heures, quitte à la prolonger si désiré. Cela vous permettra de composer avec une situation plus difficile où vous aimerez quitter sans vous sentir mal à l’aise.

J’aimerais mieux vivre mes retrouvailles chez moi. Est-ce possible?

Oui, tout est question de sentiment de confort et de sécurité pour vous deux. Peut-être seriez-vous confortable de recevoir chez vous mais l’autre, le sera-t-il(elle)?

L’échange d’appels ou de lettres avant les retrouvailles facilite ce moment et rend les deux partis plus confortables à se rencontrer à domicile.

À quoi peut-on s’attendre en post-retrouvailles?

Les retrouvailles sont une chose, créer une relation post-retrouvailles en est une autre. Il n’y a pas de modèles. Chacune des retrouvailles est différente parce que les gens sont différents. Certains ne se verront qu’une seule fois mais auront réponses à leurs questions. D’autres se verront sur une base amicale et certains créeront des liens familiaux. Certains verront leur relation s’intensifier et d’autres se raréfier. La volonté de chacun de vouloir bâtir quelque chose est nécessaire. Les blessures du passé, les différences de valeur, de style de vie et l’éloignement sont parmi les éléments à considérer. L’important est de ne pas se faire trop d’attentes et de se demander avec quoi on sortira de cette expérience, même si cela se termine autrement que désirée. Chose certaine, ce n’est pas toujours facile. Les contes de fées n’existent pas, même dans les retrouvailles.


Particularité en Outaouais

J’ai accouché du côté de l’Ontario mais je venais du Québec, où dois-je m’adresser?

La région de l’Outaouais a la particularité d’être à côté de la province de l’Ontario. Plusieurs femmes ont accouché du côté de l’Ontario et leur bébé s’est retrouvé du côté du Québec où il a été adopté.

Cette situation était commune en Outaouais. Dans plus de 90% des cas, le bébé était retourné au Québec et c’est dans cette province que la plupart des adoptions ont eu lieu. Il a donc de forte chance que ce soit le Centre jeunesse du côté de l’Outaouais qui détienne le dossier d’adoption. Si ce Centre jeunesse n’a pas de dossier, il vous référera à la Société de l’Aide à L’Enfance de l’Ontario concernée.

Qu’arrive-t-il si ma mère d’origine a accouché du côté de L’Ontario alors que mon jugement d’adoption a été fait au Québec?

Le Centre Jeunesse a le dossier de l’orphelinat et de l’adoption. C’est donc le premier endroit à contacter. Par contre, les informations identificatoires de la mère d’origine se retrouvent dans l’une des Société de l’Aide à L’enfance de L’Ontario. Une collaboration sera nécessaire entre les deux provinces pour faciliter la recherche.

Avec la nouvelle loi sur l’adoption en Ontario permettant la divulgation d’informations identificatoires, si je suis né( e) ou si j’ai accouché en Ontario, je peux m’adresser à cette province?

Non, ce n’est pas le lieu de naissance qui détermine la province de juridiction mais le lieu du jugement d’adoption.

3 réflexions au sujet de « Questions et réponses sur les retrouvailles en adoption »

  1. Bonjour je suis à la recherche de mon fils Jonathan D’Aragon né le 21 décembre 1998 il a été adopté par Manon et Robert ils ont une fille plus âgé que Jonathan ce son de très bon parents j’aimerais savoir si il veut me voir car moi j’aimerais bien mais si il ne veut pas je vais comprendre car il a le droit à ses choix je veux au moins juste savoir à quoi il ressemble et si il va bien mais je prie fort pour le rencontrer un jour vous pouvez me rejoindre Julie nonuzzette@gmail.com

    1. bonjour, désolée pour ma réponse si tardive. Je ne sais pas ou vous habitez. Chaque province a ses propres lois face aux retrouvailles. Il faudrait vouss informer aux services de votre région pour connaitre les facons de procéder. Bonen chance!

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