Un véto de contact limitatif

Par Lucie Bourdeau, auteur du livre Les retrouvailles en adoption, une quête de soi.

Un des vétos qui est permis selon la loi 113 est ce qu’on appelle le véto de contact. Ce véto permet d’empêcher ou de limiter le contact entre la personne adoptée et le parent d’origine.

L’article 583.6 stipule qu’une personne adoptée ou un parent d’origine peut, en tout temps avant la communication de son identité, inscrire un refus au contact pour empêcher tout contact entre eux ou en autoriser aux conditions qu’il détermine.

Je constate que le formulaire à compléter n’offre qu’une option,  l’absence totale de  contact. Aucune alternative n’est présentée. Il y a pourtant des options qui permettraient à une personne qui pose le véto de contact de rencontrer l’autre parti sous certaines conditions.

Voici quelques exemples de conditions au contact :

  • Accepter de vivre une seule rencontre. Cette rencontre peut se vivre en toute intimité dans un Centre Jeunesse en compagnie d’une intervenante où la personne garde son anonymat. Elle peut  se présenter et rencontrer l’autre et  répondre aux questions tout en fournissant  les informations de son choix.
  • Un échange téléphonique conférence par l’intermédiaire d’un intervenant du Centre Jeunesse.
  • Accepter de rencontrer l’autre parti en secret pour ne pas que l’entourage soit au courant.

Il est vrai que ce genre de rencontre n’est pas idéal mais pourrait permettre d’obtenir certaines informations et peut-être de voir, ne serait-ce qu’une seule fois,  la personne recherchée.

Ces options se discutent pendant les rencontres préparatoires aux retrouvailles si la demande va dans ce sens. En parler avec un intervenant a l’avantage de pouvoir explorer les peurs et penser à des options pouvant répondre aux limites exprimées.

Ce qui m’inquiète, ce sont toutes ces personnes qui complètent le formulaire de la maison et qui le retournent par la poste. Elles n’ont pas d’espace ou d’options spécifiées au formulaire autre que le refus complet de contact. Pourtant la loi est  claire, cette possibilité de pouvoir autoriser  sous certaines conditions est permise. Il faut simplement  donner le moyen et bien informer.

Je crois qu’il serait important de modifier le formulaire pour permettre aux gens de considérer certaines options.  Une femme qui a peur de sortir du secret peut demeurer curieuse et désireuse de rencontrer son enfant confié en adoption.  Il en va de même pour une personne adoptée qui ne se sent pas prête à s’afficher dans sa vie personnelle. Si on peut leur assurer l’anonymat ou la possibilité d’une rencontre en toute discrétion,  certaines personnes seraient peut-être intéressées à se connaitre. Cette option, on doit pouvoir leur offrir.